Histoire de la botanique en Valais

Les collecteurs de plantes existent en Valais depuis le début du XVIème siècle. Il s'agissait de médecin, zoologue ou botaniste. Les plantes ramassées étaient destinées à des musées ou des collections privées. 

Au début du XVIIIème, l'étude de la flore valaisannes débute réellement avec les travaux d'Albrecht von Haller (1707 - 1777). Directeur des salines de Bex, ce médecin botaniste bernois forma plusieurs botanistes. Véritable animateur de la botanique en Valais, il collecta les échantillons que les naturalistes lui confiaient.

 

Parmi ses collaborateurs, Pierre Thomas et son fils Abraham Thomas, tous deux garde-forestier, sont les plus connus. Formé par Von Haller lui-même, Pierre Thomas herborisa principalement dans les environs de Fully, Sion, Martigny, et Grand-Saint-Bernard. Son fils Abraham herborisa notamment lors d'un voyage reliant le Pas de Cheville à Gryon. 

Ils apportèrent énormément à la connaissance botanique valaisanne en herborisant notamment les vallées de Saas, Bagnes, Anniviers, la région du Grand-Saint-Bernard, de Fully ainsi que de la Gemmi. Abraham fut nommé "le botaniste des montagnes".

Publié en 1768, Historia Stirpium indigenarum Helvetiae inchoata regroupe en 3 volumes les plantes rapportées à Von Haller par de nombreux botanistes parmi lesquels de nombreux gardes-forestiers de la région de Bex. 

Parmi tous ces botanistes, en voici quelques uns qui , au vue des espèces ou des lieux qu'ils ont étudiés, ont retenu mon intérêt.

Louis Coquoz (1863 - 1936) et son fils Denis Coquoz (1887 - 1962), bourgeois de Salvan étudièrent principalement les Epervières (genre Hieracium).

Camille Oberson (1886 - 1965), curé de Salvan, était en plus d'un excellent botaniste un fameux alpiniste. Ce fribourgeois d'origine (Rougemont) s'intéressa principalement au plantes phanérogames de hautes altitudes.

Pierre-Germain Tissière (1828 - 1868) s'occupait du Jardin botanique alpin des chanoines du Grand-Saint-Bernard. On en trouve quelques discrètes traces.

Philippe Farquet (1883 - 1945), dernier botaniste de la Congrégation du Grand-Saint-Bernard. Il prit soin des herbies de l'Hospice dès 1915 jusqu'à leur vente en 1939.

Si chaque botaniste a apporté sa pierre à la connaissance de la botanique du Valais, il est donc impossible de tous les mentionner. Il reste toutefois deux incontournables.

Ferdinand Othon Wolf (1838 - 1906)

D'origine allemande, ce professeur de sciences naturelles et de littérature au Collège de Sion est pour beaucoup dans la connaissance et dans la constitution d'exsiccata  de la flore valaisanne. 

Membre de la Murithienne dès 1886, il en fut le président durant plus de 20 ans.

Laurent-Joseph Murith (1742 - 1818)

Né à Sembrancher, de parents gruyériens. Il publiera ses travaux sous forme d'une correspondance entretenue avec Abraham Thomas: "Le Guide du botaniste qui voyage dans le Valais".

De 1790 à 1800, il constitue un herbier composé de deux imposants volumes, regroupant plus de 1200 plantes.

Albrecht von Haller (1707 - 1777)

"Extrait de l'Herbier Murith"

© La Murithienne & Musées cantonaux du Valais, Sion. Stefan Ansermet, Sion

Historia Stirpium indigenarum Helvetiae inchoata (Albrecht von Haller)

 Sébastien Tinguely                                                                  

© 2016 Sébastien Tinguely